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Fédération de Haute-Garonne

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Communiqué de la Jeunesse Communiste Norvégienne suite aux évènements d’Oslo

le 02 février 2012

Ce vendredi 22 juillet, la Norvège a connu un des événements les plus tragiques depuis la Seconde guerre mondiale. Juste avant 15h30, une bombe a explosé dans le quartier gouvernemental, dans le centre-ville d’Oslo. Cet événement à lui seul, qui a tué 7 personnes et a endommagé des bâtiments dans tout le centre-ville de notre capitale, était une tragédie en soi. Il a été, cependant, complètement éclipsé par le massacre qui a suivi, au camp de la Jeunesse travailliste d’Utøya. Le bilan du nombre de morts n’est pas encore totalement clair, mais au moins 86 personnes, essentiellement des adolescents et des jeunes, ont été sauvagement mitraillés et abattus, alors que près de 70 restent hospitalisés à la suite de leurs blessures, certains à l’article de la mort. Ces meurtres exécutés de sang-froid sont d’autant plus tragiques qu’ils visaient des jeunes et des enfants innocents rassemblés pour leur camp d’été annuel, pour débattre de questions politiques et profiter de leurs vacances d’été et de la compagnie de leurs camarades.


 

La Ligue de la jeunesse communiste de Norvège (NKU) exprime ses condoléances les plus sincères à la Jeunesse travailliste (AUF), aux blessés et à tous ceux qui ont perdu leurs amis ou des êtres aimés. En raison de l’histoire que nous partageons avec l’AUF, membres de la même organisation de 1903 à 1923, et par de nombreuses décennies de lutte commune, ces attaques nous touchent personnellement.

Lorsque les premiers communiqués ont averti de l’explosion à Oslo, nombreux furent ceux prompts à tirer leurs conclusions sur l’identité des responsables et qui ont exprimé leur haine envers les immigrés et les Musulmans. Qu’autant de gens aient supposé que des extrémistes Musulmans puissent être derrière l’attaque n’est pas une surprise, si on prend en compte la participation zélée de la Norvège aux guerres impérialistes de l’OTAN. Mais qu’autant de gens, si vite, ait tiré profit de cet horrible événement pour attiser la haine contre les immigrés en Norvège était à la fois effrayant et criminel.

Si l’attaque avait été perpétrée par un Musulman, les conséquences politiques auraient été énormes. Les préjugés déjà largement répandus contre les Musulmans se seraient embrasés et l’attaque aurait été utilisée par les extrémistes de droite et les populistes pour « étayer » leurs thèses sur les dangers de l’immigration et de l’Islam, pour légitimer des discriminations supplémentaires contre les minorités et une politique étrangère encore plus belliciste. Leurs autorités auraient aussi probablement profité de l’occasion comme d’un prétexte pour étendre les pouvoirs de la police au détriment des libertés individuelles, comme cela s’est produit aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Il est désormais connu, toutefois, que l’auteur du massacre n’est ni un immigré ni un Musulman, mais au contraire un Norvégien pur souche et un Chrétien conservateur. Ironie de l’histoire, le responsable des deux attaques du 22 juillet, Anders Behring Breivik, partage un certain nombre d’idées avec tous ces gens qui ont tout de suite après les attaques accusé les immigrés. Breivik est un extrémiste de droite, mais ses idées sont assez courantes de nos jours : conservateur, anti-musulman, anti-immigration et anti-socialiste. On retrouve ces conceptions dans toute l’Europe et elles se développent à une vitesse inquiétante. Pendant trop longtemps on a laissé prospérer ces conceptions, faisant la promotion de la haine irrationnelle envers les immigrés et les opposants politiques, sans la moindre opposition de la part des gouvernements et des médias. La Jeunesse communiste norvégienne a, dans les toutes dernières années, souligné le danger de cette idéologie de la haine en plein essor et a fait de la lutte contre cette dernière une priorité absolue. Désormais nous connaissons, hélas, à quel point justement cette idéologie peut être dangereuse.

Cet événement tragique dans notre pays démontre l’importance d’une lutte commune dans toute l’Europe contre cette maladie en développement, qui n’est rien d’autre que le fascisme sous un nouveau déguisement. Même si les attaques ont été menées par un individu psychotique, les raisons politiques derrière cet acte ne peuvent être ignorées. Et même si des catastrophes de l’ampleur de ces attaques sont très rares, la haine qui les anime sera une menace constante pour nos sociétés si on ne s’y oppose pas. La seule solution est de s’opposer aux préjugés, à la xénophobie et à la diabolisation des opposants politiques que cette idéologie néo-fasciste en développement représente, et de créer une société basée sur la paix, la tolérance et l’égalité, à la fois dans notre pays et à l’échelle internationale.